Description des objectifs
L'environnement dans lequel nous évoluons étant sujet à des rapides et fréquentes modifications, il y a eu aussi tout naturellement une évolution sensible de nos activités de recherche au fil du temps. Celles-ci ont toujours poursuivi un double objectif: le développement de contributions significatives pour la recherche permettant de gagner une position avantageuse dans la communauté scientifique internationale, et la promotion des transferts de technologie entre le laboratoire et ses partenaires économiques en Suisse. Une information complémentaire à propos de ces objectifs est fournie dans la section décrivant nos domaines d'activité.
Au cours de la période 1988-1991, le laboratoire n'étant alors pas encore en mesure de produire des résultats de recherche le premier souci a été celui de maintenir une activité à niveau international en misant sur la coopération avec l'Université de Bourgogne (dans laquelle le prof. Spaccapietra enseignait avant de rejoindre l'EPFL) et en tirant les bénéfices de la réputation acquise dans le domaine de la modélisation conceptuelle. Ceci explique que les résultats de ces années aient pris la forme de publications co-écrites avec ses anciens collègues bourguignons, ainsi que de tutoriaux sur la modélisation conceptuelle. Cette collaboration a en outre permis de reprendre d'anciens travaux sur l'intégration de vues et de les amener à des résultats significatifs (publiés d'abord dans le premier numéro du "VLDB Journal"). Un projet commun avec l'ETHZ a été démarré comme conséquence directe de cette activité.
Dès que le laboratoire a pu disposer d'un nombre d'effectifs suffisant (1990), son premier objectif a été le développement d'un prototype, appelé SUPER, compatible avec des interfaces visuelles orientées-utilisateur basées sur ERC+, le paradigme de modélisation conceptuelle défini et publié par le prof. Spaccapietra en collaboration avec le prof. Christine Parent. Au-delà du fait qu'un prototype opérationnel capable d'implémenter le modèle de données et les langages ERC+ contribuait à la validation des travaux sur la modélisation conceptuelle, l'espoir était de susciter assez d'intérêt chez certains partenaires commerciaux pour lancer un projet de transfert de technologie, dans le but de transformer le prototype en un produit commercial. Ce projet ne s'est pas matérialisé, mais grâce au développement du prototype, nous avons acquis une connaissance assez approfondie des problèmes de spécification pour les interfaces visuelles de bases de données pour devenir l'un des groupes à la pointe de la recherche dans ce domaine. De 1990 à 1995, à travers des démonstrations lors de conférences, des publications dans de nombreux journaux et conférences internationales, l'organisation de panels et séminaires traitant des interfaces et enfin en prenant une part active dans la promotion de la conférence Visual Database Systems (VDB), le laboratoire a essayé d'asseoir sa réputation au plus haut niveau dans la communauté internationale des chercheurs en interfaces visuelles.
Le travail sur SUPER a été ensuite suspendu pour se concentrer sur des activités de recherche plus traditionnelles, de façon à donner aux assistants et autres doctorants le temps nécessaire à la préparation de leur thèses. Pendant ces années, le travail du laboratoire a tendu vers un double but. D'une part, nous poursuivions le traditionnel objectif académique de publier au plus haut niveau international. Les conférences ER ont été notre cible privilégiée, dans la mesure où elles représentent l'événement majeur dans le domaine de la conception des bases de données. D'autre part, nous avons prolongé nos efforts pour promouvoir l'image du laboratoire dans le contexte suisse, en organisant conférences, cours et séminaires.
Ces efforts se sont finalement révélés payants à partir de 1994. Tout d'abord, l'Administration Cantonale Vaudoise (ACV), qui avait pu expérimenter notre approche de modélisation conceptuelle (ERC+) dans le cadre d'un projet conduit à l'EPFL par le Département de Génie Rural (DGR), a exprimé son intérêt pour une extension de cette approche qui inclurait la modélisation des données spatiales, dans le but de l'exploiter dans le cadre de leurs principales applications spatiales. La participation au comité scientifique du projet du DGR a permis de constater que les bases de données spatiales soulèvent d'intéressants problèmes de modélisation. Les discussions avec l'ACV ont montré qu'il existait un réel intérêt de la part d'utilisateurs potentiels pour le transfert de technologie que nous avions imaginé pour notre approche. Cette combinaison entre les intérêts de la recherche et ses applications potentielles nous a poussés à nous investir dans le domaine des bases de données spatiales bien au delà de ce qui était requis par ce projet. Beaucoup plus que les utilisateurs de SGBD, ceux de SIG (systèmes d'information géographiques) ressentent le besoin d'une technologie adaptée pour les bases de données orientées-utilisateur. Les occasions de coopération et de transfert de technologie sont donc plus fréquentes pour les applications reliées aux SIG.
Autour du projet MADS (Modélisation d'Applications à Données Spatiales), les travaux sur les bases de données spatiales sont devenus l'un des axes de recherche prioritaires du LBD. Les projets SIG ont déjà permis de renforcer l'équipe avec deux post-doctorants (96-97) et deux doctorants. Plusieurs publications ont été faites. Un résultat majeur a été le lancement d'une société spin-off pour diffuser des nouveaux outils de gestion de données géographiques.
Plus ou moins à la même époque le laboratoire a été contacté par la Radio Suisse Romande qui était à la recherche d'une solution pour la gestion de ses archives sonores.Le projet a été baptisé SIRANAU (Système Integré Radiophonique d'Archivage Numérique AUdio). La décision de s'investir dans ce projet a été prise sur la base des possibilités concrètes qu'il offre de participer aux efforts de notre Ecole dans le domaine du multimédia. En effet, le multimédia avait été déclaré domaine d'activité prioritaire au sein de l'EPFL et nous avions déjà commencé à travailler sur les bases de données d'images. Notre recherche se veut complémentaire aux autres projets en relation avec le multimédia en cours à l'EPFL, dans le but commun d'acquérir pour notre institution une place dominante dans ce secteur. Le projet financé par la RSR a pris maintenant sa vitesse de croisière, et est promis à un brillant avenir. Trois collaborateurs du LBD y travaillent actuellement.
Notre collaboration a enfin été demandée dans le cadre de deux projets européens, connus sous les sigles HELIOS et SWAP, auxquels nous apportons notre expérience dans le développement des interfaces utilisateur. Plusieurs raisons nous ont conduit à cette collaboration, la première et la plus évidente étant que la construction d'une interface pour un futur produit commercial représente une suite logique à nos activités sur SUPER et contribue à la reconnaissance du LBD en tant que centre de compétences pour les interfaces utilisateur. En deuxième lieu, il est hautement recommandé de participer à des projets européens pour des raisons financières et promotionnelles évidentes. Enfin, ceux-ci se déroulent dans le contexte des architectures client/serveur, domaine dans lequel nous espérons acquérir un nouveau et profitable savoir-faire. Trois postes ont été créés grâce à ces projets.
En les résumant brièvement, nos objectifs de ces dernières années, et de la période courante, sont:
- de valider le bien-fondé de notre approche de modélisation conceptuelle avec un prototype et de se préparer pour un transfert de technologie (projet SUPER, approche de modélisation ERC+)
- de devenir un groupe leader au niveau international dans la modélisation de bases de données spatiales (projet MADS)
- de devenir à court terme le groupe de référence en Suisse pour l'archivage de sons en élargissant graduellement notre savoir faire dans le multimédia pour répondre aux besoins des différentes institutions (Phonothèque Nationale, Bibliothèque Nationale...) (projet SIRANAU)
- de maintenir une position de premier plan dans le secteur des interfaces visuelles (projets ESPRIT HELIOS et EUREKA SWAP)
